Menu Fermer

Un nouveau contrat démocratique: les causes de la défiance

Nos institutions de représentation, le Sénat et l’Assemblée Nationale, sont les victimes d’un ensemble cumulé de facteurs ayant rendu possible la division de la société Française. Les différents pouvoirs qui se sont succédé ont bien sûr leur part de responsabilité, n’ayant pas su rétablir la confiance avec le peuple. Il y a bien une crise de confiance entre les citoyens et l’État. Quelles sont les causes de la défiance ?

 

Le chômage des jeunes

Les premiers déçus du pacte républicain sont les 15 – 24 ans, 1/4 d’entre eux sont sans emploi ou, quand ils travaillent, avec un premier emploi bien souvent précaire. Ils sont de part leurs activités, (sorties, études, sport, etc.)  plus facilement exposés avec la petite et moyenne délinquance. Ceci provoque des crispations qui bénéficient plus largement au « Front National ».

François Hollande s’était mis comme objectif premier de lutter contre le chômage des jeunes. Malgré ses efforts, la courbe des 15-24 ans n’a perdu que 4 % entre 2016 et 2018.

Globalement le chômage reste trop élevé à 8,9 % (le plein emploi étant de 6 %) ce qui crée précarité et souffrance, qui laissent place à des votes contestataires ou d’adhésion vers les extrêmes, au mépris de l’Homme politique, et qui soulèvent les théories «  complotistes », avec une perte de confiance dans les institutions comme la justice par exemple, et une crédulité face aux informations médiatiques en qui ils n’ont plus confiance.

Bien entendu tout cela est savamment repris puis orchestré par des partis opportunistes.

La répartition des richesses et la mondialisation

La classe moyenne salariale française ne se sent pas gagnante avec la mondialisation, elle a l’impression d’être lésée par le patronat et les propriétaires (actionnaires), notamment dans la répartition des dividendes pour eux sous forme de primes. Elle craint les délocalisations, elle a peur du « dumping social » engendré au sein de l’espace Schengen par les travailleurs détachés, politique pourtant remaniée récemment par L’UE sous l’impulsion du président de la République Emmanuel Macron. Pourtant le coefficient Gini est en dessous de 0,3 (d’après l’OCDE) : statistiquement en France la répartition de richesse se fait plutôt mieux qu’ailleurs comme le montre le tableau ci-dessous.

Le coefficient Gini, du nom de son créateur Corrado Gini, est une mesure statistique de répartition des richesses par État. S'il est égal à 1 "il n'y a aucune répartition", s'il est égal à 0, "il y a répartition complète" des richesses.

Alors est-ce-que les salaires suivent l’inflation ? Pour le Smic oui, il a bien été revalorisé pour compenser la perte du pouvoir d’achat. Pour les salaires plus élevés dans le privé ou semi-public, ils restent globalement stables (d’après franceinflation.com). C’est surtout l’impôt sur le revenu qui a subi une forte augmentation sous François Hollande +36 %. En dix ans, sous les deux derniers quinquennats, il a été « revalorisé » de  47 %, de 49,9 Mds € en 2008 à 73Mds € en 2017. Il clair que la baisse d’impôt sur les sociétés a été largement compensée par les ménages ces dernières années. Cela a pesé sur le mécontentement de nos concitoyens vis-à-vis du pouvoir politique.

La pauvreté

Nous comptons aujourd’hui environ 9 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire en-dessous de 1015€ net par mois en 2018. La France a beau être la cinquième puissance économique mondiale, la fracture sociale, pourtant dénoncée sous la présidence Chirac est toujours là. Il est à craindre que nous ayons à la payer dans les urnes, cela a déjà été le cas avec les percées du FN lors des présidentielles de 2002 et 2017. La pauvreté chez les jeunes est aussi une préoccupation 1 jeune sur deux est pauvre !

Cela nourrit une colère immense des personnes se trouvant dans de telles situations, qui ne comprennent pas pourquoi elles sont mises au ban de la société, alors qu’elles vivent dans un pays très riche. Cette population, ainsi qu’une partie de la classe moyenne, exprime sa déception et ses frustrations sur les réseaux sociaux. Par le jeu de la communication virale, des contenus permettant de taper sur nos élus et dans un sens plus général sur l’appareil d’État, sont repris et relayés, que l’information soit vérifiée ou Même si l’État est critiquable, et il est bien normal que les Français s’expriment, c’est le signe d’un grand malaise.

Les "Fake News"

Très à la mode, les fake news et les reportages très bien montés théorisant un complot ou des complots mondiaux infectent le web, influant sur le discernement des électorats comme en Amérique (présidentielle) ou au Royaume-Uni (BREXIT), sur la santé avec le refus de plus en plus de Français d’aller se faire vacciner, ou la culture générale en niant le fait que l’Homme ait marché sur la Lune, ou de croire que les attentats du 11 septembre 2001 étaient des hologrammes. Là aussi il y a un risque politique certain de manipulation de l’électorat, qui est inacceptable.

En conclusion

Le Mouvement Démocrate propose plusieurs éléments de réponse pour résoudre cette crise de défiance démocratique.

Restaurer la confiance passe par la mise en place d’un nouveau contrat démocratique, élaboré en partenariat avec les corps intermédiaires (syndicats, presse libre, associations) et avec les citoyens dont la voix doit être mieux entendue.

Pour cela, le Mouvement Démocrate propose notamment que nos représentants à l’Assemblée Nationale soient élus sur un mode de scrutin plus juste qui intègre une part de proportionnelle. Cela veut dire aussi que le vote blanc doit être reconnu comme un suffrage exprimé.

De plus, les citoyens doivent être consultés en-dehors des échéances électorales. Nous proposons notamment d’instaurer une évaluation citoyenne annuelle des promesses des élus sur la politique en faveur des banlieues.

Vous pouvez retrouver toutes nos propositions actuelles pour un Nouveau Contrat Démocratique sur le site national du Mouvement Démocrate:   http://www.mouvementdemocrate.fr/le-programme-en-detail/un-nouveau-contrat-democratique

Nous poursuivons notre réflexion dans nos prochains articles et dans nos réunions de travail. Nous vous invitons à vous joindre à nous afin de travailler ensemble à restaurer la confiance entre les citoyens et la politique.

Par Alexandre THIÈLE, conseiller départemental du MoDem et délégué de la 6ème circonscription de Haute-Garonne.

par Alexandre THIÈLE,

Conseiller départemental de la 6ème circonscription

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *